Dr Howdy – Change de trou ça fume

« C’est ça que tu appelles l’Anaconda du Brésil ?! »

Bien le bonjour, jeunes gens. J’ai appris que des rustres sans éducation tels que vous traînaient sur ce vaste réseau que vous nommez “internet” et je suis régulièrement scandalisé des propos et revendications que vous autres y tenez.

Enfin quoi, morbleu ! Qu’est devenue la noblesse française ? J’ai le regret de constater que vos générations déraisonnent, sapristi.

Ainsi, fort pour ma part d’une éducation sans taches dans une des meilleures écoles de l’élite intellectuelle, ainsi qu’une vie saine et vigoureuse – à tout le moins j’aime à le croire. Vous ne serez pas les premiers coquins que j’aurai à former, croyez-moi ! Et lorsque j’en aurai fini avec vous, je sais que vous inclinerez vos têtes blondes vers moi en disant “Merci, Dr. Howdy, vous avez fait de moi un homme”.

Et même si je ne dirai rien, une larme perlera au coin de mon oeil de sage.

Mais baste ! Nous perdons du temps à deviser, entrons dans le vif du sujet : comment satisfaire une conquête avec distinction, ou comme on dit par chez vous je le crois, “péta une tepu pépouze”.

Mettons (ah ! comme je suis taquin ! Excusez donc ce jeu de mot facile) que vous ayez déjà entrepris de vos intentions une demoiselle, et qu’elle incline à vous satisfaire. Pour une raison obscure, j’en conviens, vu la mine que vous affichez, je ne vous donnerai même pas ma nièce par alliance, mais admettons, nous sommes en pleine fantaisie.

Suivez donc mes conseils, et vous vous comporterez alors en parfait gentilhomme.

Avant toute chose, évitez de vous goinfrer si vous devez vous nourrir avant la rencontre.

1. “Mennen sana in corpore sanex”, disait souvent le baron de Coubertin, et c’est valable pour vous aussi, galopins. Une saillie dans les règles se fait en pleine possession de ses moyens – ne soyez ni trop lourd, ni trop léger, comme un jockey un jour de Quinté+.

2. Pareillement, même si je reconnais que saouler une femelle peut vous aider à la conquérir, ce sont des choses qui ne se font pas. Evitez tout deux de boire plus que de raison. Qui plus est vos performances sportives pourraient s’en ressentir, hors vous souhaitez laisser un souvenir impérissable à l’entrecuisse de votre partenaire, n’est-il pas ?

3. Laisser un souvenir impérissable c’est bien, laissez traîner ses relents nettement moins. De grâce, jetez moi votre Scorpio et votre Brut de Fabergé ! Une femme, c’est scientifiquement prouvé, a une boîte crânienne plus étroite que la nôtre et par conséquent, n’est pas capable d’autant de finesse. Il faut aller donc droit au but, et elle ne saurait percevoir l’attrait que vous accordez à vos senteurs mâles. Faites dans le classique, mais le classique dispendieux. On n’attrape pas des tourterelles avec des vieux pneus, nom d’une pipe !

  1. J’espère que vous aurez déduit par vous-même du point précédent que vous devez avoir le fusil nettoyé et entretenu. Tirez donc à blanc la veille ou le matin même, et soyez propre comme une fourchette à poisson. Vous n’aimeriez pas dîner dans une assiette sale, que je sache.
  1. Bien, a priori, nous voilà arrivés au moment fatidique. Chaque âme bien née se doit d’avoir une technique personnelle, ainsi je vous laisserai développer la vôtre en propre. Quelques bases cependant : ayez la main ferme et assurée; ne vous dispersez pas en acrobaties frivoles; donnez l’impression de maîtriser votre sujet. Votre partenaire sera impressionnée par votre ouvrage, et ne vous considérera pas comme quelqu’un de dispersé et peu sûr de lui. Point très important que vous comptiez la revoir ou pas : on ne laisse pas de mauvais souvenir ni de faux billets chez une dame.
  1. On ne laisse pas de vêtements en boule non plus, freluquets ! Pliez bien votre pantalon sur la ligne de repassage. Déposez votre chemise sur un dossier de chaise si vous ne trouvez pas de cintre. Vous pouvez éventuellement garder vos chaussettes, uniquement si elles sont munies d’un fixe-chaussettes, mais j’ai ouï dire que les jeunes filles écervelées d’aujourd’hui ne goûtaient que peu cette habitude. Quant à votre culotte, sujet épineux s’il en est, le mieux est de la déposer bien à plat sur le bord d’un des coins du lit, à califourchon sur l’extérieur.

Si vous n’avez pas été trop indigne de votre rang, il va falloir songer à partir après quelque temps (si vous avez été indigne, le mieux est d’assommer la demoiselle et de vous enfuir prestement après retrait). Si vous comptez revoir la personne, badinez quelque peu sur le mode tendre, puis endormez-vous aussi vite qu’un soldat. Ne l’ennuyez pas plus que de raison avec votre verbiage qui doit certainement être limité – une île abordée n’est pas encore conquise.

Un gentilhomme qui s’ébroue avec une partenaire n’a aucune obligation au mariage, rassurez-vous, si tant est qu’il s’est conduit avec civilité.

Simplement, il ne faut pas gâcher un bon moment. Prenez congé avec tact en prétextant une obligation, soit mondaine – mais il faudra qu’elle soit d’un haut niveau social (“J’ai rendez-vous avec le thérapeute canin de la reine Elizabeth”) – soit caritative (“Désolé j’ai un avion qui part dans 2h pour Tripoli je dois repeindre une école pour aveugles”).

Grâce à ces conseils, j’ose espérer que vous saurez briller sur l’oreiller (ou sur toute autre surface homologuée – évitez toutefois la moquette) et ramener au coeur des françaises un peu de ce esprit glorieux que la noblesse d’antan savait insuffler, ainsi qu’à leur derrière un peu de ce… mais je m’égare.

Courage mes garçons, bientôt vous serez des gentilshommes !

Dr Howdy – Toujours bien saler la queue de l’oiseau

« #lol »

Holà jeunes galopins, le bonjour. J’ose espérer que vous aurez profité de la chaleur du week-end dernier pour aller rendre visite à votre vieille mère-grand que cette moiteur risque de faire passer de vie à trépas. Un gentilhomme doit toujours s’assurer l’affection de ses aînés, ne serait-ce que pour finir de payer les traites du Touquet.

 

Je désirerai aujourd’hui vous mettre en garde contre les dérives de l’internet mondial, et plus encore des dangers inhérents à ce que vous autres jeunes gens appelez les réseaux sociaux. De mon temps, un gentilhomme correspondait abondamment de façon épistolaire, et l’on crevait d’une tendinite, mais baste ! On avait au moins la fierté de laisser derrière soit une prose conséquente dans laquelle on n’avait pas à rougir de ce que l’on avait pu écrire la veille au soir, complètement ravagé au mojito.

 

J’ai cru comprendre que nombre d’entre vous avaient quelque mal à saisir ce à quoi pouvait donc bien servir cet outil appelé Twitter, où l’on laisse une grosse centaine de caractères à la fois comme l’on irait se délester de quelque colombin dans la cabane au fond du jardin.

 

Eh bien figurez-vous que je me suis armé de mon Falcon 030 et que j’ai affronté cette hydre moderne afin de vous livrer mes conseils avisés.

 

1/ Tout d’abord, rassurez-vous, Twitter ne sert absolument à rien. Vous pouvez donc dès à présent lâcher votre ordinateur pour retourner à votre lecture de la comtesse de Ségur.

 

2/ Ceci étant, si vous souhaitez persister dans l’utilisation de cette étrange chose, partez du principe qu’il va vous falloir dépasser votre potentiel intérieur afin de vous faire remarquer : vous ne parlez qu’à pas moins de 105 millions de pauvres âmes esseulées.

Affûtez votre épée, briquez vos boucles de chaussures : le challenge s’avère herculéen. Mais rien n’est impossible à un gentilhomme conscient de ses forces !

 

3/ Pour vous la donner veugra comme l’on dit aux Tarterets, faites dans l’originalité : parlez uniquements en alexandrins, reproduisez du Courbet en Radix-50, ne vous exprimez qu’en partitions de clavecin.

 

4/ J’ai cru constater que le vendredi était un jour particulier pour les usagers réguliers de Twitter. Il semblerait qu’à cette occasion il soit de bon ton de célébrer les personnes qui suivent votre profil afin de les remercier de faire de la sorte. Voilà qui est complètement ridicule : c’est vous que ces personnes devraient remercier. Préférez donc un #ff à vous-même, ou à tout prendre à votre arrière-grand-oncle qui était maréchal d’empire : lui au moins le mérite.

 

5/ Il m’appert que ce nouveau media est l’endroit rêvé pour ce à quoi tout bon gentilhomme devrait s’exercer au moins une fois par trimestre : le duel. Je vous vois plisser l’oeil d’incompréhension, mais je vous assure, rien de tel pour fouetter le sang et faire montre de vos talents nobles. Ainsi, un endroit où l’on peut en une phrase bien sentie ruiner la réputation d’un fat devant quelques milliers de personnes se prête tout à fait à ce type d’exercice.

 

6/ Bien entendu, je ne vous demande pas encore de donner rendez-vous à un butor sur la colline du parc dès l’aube, armés de vos pistolets et de vos rapières. Non, dans ce cas de figure, utilisez les armes qui sont les vôtres : la langue de Voltaire et une mauvaise foi insubmersible.

 

7/ Je vous conseille donc de convenir avec votre adversaire d’un duel à base d’un mot-clé choisi au hasard, dont vous devrez faire étalage pendant 24h l’un comme l’autre. Cela peut être par exemple : #choucroute, #macramé, #propédeutique ou encore #zahia. A la fin du temps imparti, celui qui aura récolté le plus de nouveaux followers sera déclaré vainqueur, et le perdant se devra de supprimer son compte comme l’on brûle son vaisseau.

 

Ceci étant dit, je déconseille l’utilisation de cet outil à ceux d’entre vous qui n’ont pas des nerfs d’acier et un caractère bien trempé. En effet, l’utilité de Twitter étant toute relative, mieux vaut ne point y mettre les pieds si vous n’avez pas perpétuellement à l’esprit quelques saillies bien senties à faire subir à des spectateurs blasés. Certains d’entre vous seront bien plus utiles à l’ombre d’une bibliothèque silencieuse que sur cet infâme champ de bataille numérique, où seuls des coeurs vaillants pourront se dépêtrer de l’impitoyable farce que leur servent leurs contemporains.

Courage, moussaillons ! La vie est peut être un chemin boueux, mais je suis là pour vous apprendre à lacer vos godillots !

Dr Howdy – Être un bon pique assiette

« Tout est bon pour économiser un repas, petits fours et mini-pizzas »

Mes petits amis, vous m’excuserez si j’ai le teint quelque peu olivâtre et l’oeil jaune, mais hier soir j’étais à une de ces noubas à l’ambassade du Congo Belge ! Ah ils savent y faire pour donner une réception les gaillards, je peux vous assurer que moi et Mlle Alka-Setzer nous sommes copains comme cochons aujourd’hui.

Bref, de quoi voulais-je vous parler ? Ah oui, d’être un pique-assiette.

Sachez donc jeunes gens, que malgré les apparences, être pique-assiette n’est pas une activité honteuse, bien au contraire, non plus qu’une activité de basse extraction. Non, pour réussir à être un bon parasite mondain, il faut un bagage intellectuel non négligeable et un solide pécule. Tout l’intérêt de l’exercice réside dans le fait de briller en société dans un milieu qui n’est pas le vôtre, de réussir en somme à être un baroudeur des salons parisiens, un ethnologue de la noblesse. De plus le côté aventureux de l’exercice vous grise à peu de frais, car vous ne risquez que peu de choses à vous faire démasquer, si ce n’est éventuellement être pendu par les tripes à un réverbère, mais sapristi ! C’est comme cela que la vie vaut d’être vécue.

 

1/ Tout d’abord, il vous faut un personnage. Laissez votre véritable identité à la maison, la haute société n’a que faire d’un pauvre étudiant des Mines qui ne peut que s’offrir un 8m² avenue de Courcelles. Chipez l’identité d’une de vos connaissances par exemple, comme votre cousin reporter à l’Aurore, ou un de vos camarades à particule. Le mien étant cependant de vous créer de toute pièce pseudonyme et métier imaginaires, car vous courez le risque que quelqu’un connaisse votre cousin ou votre camarade. Dès lors, vous n’aurez comme option que la fuite ou le duel, mais les carrelages des salons Monceau sont bien traîtres.

 

2/ Prévoyez de bonnes et belles chaussures, s’il le faut, utilisez l’argenterie de grand-maman pour vous en procurez, elles seront l’artisan de votre gloire ou les coupables de votre défaite.

Vous n’avez pas encore de Bentley ou de Rolls Phaeton, vous ne pouvez donc venir qu’à pied. Qui plus est, entre faire le pied de grue à l’entrée ou courir plusieurs soirées le même jour, vous allez avoir besoin d’excellentes semelles. Des bottines lustrées et du dernier chic sont qui plus est d’excellents passeports du bon goût.

 

3/ Pour ce qui est du reste de votre mise, faites le maximum pour avoir des habits propres, sans déchirures, bien repassés. Le mieux est encore d’être passe-partout : un complet noir, un uniforme de la police montée ou un costume de safari feront parfaitement l’affaire.

 

4/ Afin de forcer l’entrée des soirées que vous convoitez, et même que l’on vous déroule le tapis rouge (mais pas trop : une attention trop appuyée sur votre personne peut vous desservir) une seule règle en l’occurence : soyez sûr de votre fait. Que vous mentiez complètement ou à moitié, ayez de l’aplomb à l’instar de Cambronne sous les balles britanniques. Le plus simple est encore de rentrer en compagnie de quelqu’un qui possède une véritable invitation. Mais prenez garde, quel que soit le boniment que vous lui ayez servi afin de mettre la personne dans votre poche, votre devoir de gentilhomme vous impose de ne point l’abandonner sitôt entré. Mesurez bien les conséquences de votre choix, que ce soit un incorrigible bavard ou une vieille veuve, les implications peuvent être désastreuses.

 

5/ Une fois à l’intérieur, ne vous ruez pas de suite sur le buffet. Pareillement, au cours de la soirée, évitez l’ivresse et la goinfrerie. D’une part ce ne sont point des choses qui se font lorsqu’on est gentilhomme, qui plus est si vous êtes amené à être fin saoûl vous pourriez vous trahir. Et il est toujours malavisé de se réveiller dans une cellule du Quai des Orfèvres parce que vous avez tiré sur la perruque du préfet de la Seine.

 

6/ Profitez de votre présence pour lier connaissance, juste ce qu’il faut pour vous assurer que, si vous recroisez devant l’entrée d’une bamboula prochaine une des personnes avec qui vous vous liâtes, elle puisse vous permettre de rentrer à l’intérieur. Le pique-assiette est en recherche perpétuelle du grand cycle de l’invitation : à force de connaître tout le monde, vous finirez bien par réellement acquérir ce statut dont vous vous targuez injustement.

 

7/ Hélas mes agneaux, plus désagréable que de ne point trop forcer sur la bouteille, voici le conseil obligatoire : ne tentez pas de séduire une demoiselle. Vous êtes ici un véritable fraudeur, et si vous réussissiez à ramener dans votre mansarde une jeune fille de bonne société éblouie par votre faconde et votre prestance sociale, la chute s’avèrera rude. Vous pourriez y perdre non seulement votre réputation, mais aussi votre superbe, et l’aventure s’arrêterait tout bonnement ici. Picorez, butinez, mais ne concluez jamais.

 

8/ Point très important lorsque la soirée se termine ou que votre ennui commence à poindre : travaillez votre sortie, rendez-la inoubliable. Evanouissez-vous sur un bon mot, il faut que l’on vous regrette aussitôt parti. Echappez-vous par la fenêtre du balcon en saisissant une échelle de corde. Faites un solo de trompette en descendant l’escalier à reculons. Autant votre arrivée doit être discrète, autant votre départ doit être flamboyant. Attention : flamboyant ne veut pas dire inconvenant. Partir d’un gala en emportant en étendard le soutien-gorge de la marquise de V. comme je l’ai déjà vu faire n’est PAS conseillé.

 

Munis de ces quelques conseils, j’ose imaginer que vous ne serez pas dépourvus afin de survivre sans trop de mal à votre première incursion de pique-assiette dans les milieux huppés.

Pour plus de facilité, essayez de débuter par une soirée déguisée, ou masquée, vous prendrez ainsi en confiance.

Et qui sait, peut être qu’un bon jour nous nous croiserons en tant qu’intrus, et alors, je vous giflerai. Bon vent jeunes gens ! N’oubliez pas d’accorder vos cartables à vos chaussettes pour la semaine prochaine !

Dr Howdy – Survivre à un baby-sitting avec prestance

“Ferme-la ou je tue Mickey”

Mes jeunes élèves, je me doute qu’il y a peu encore vous fûtes jeunes et morveux. Le lait vous coulait alors du nez si l’on vous le pressait, et le duvet de votre lèvre supérieure vous causait plus de honte que de fierté. Nous avons tous à passer par là, et je gage qu’en ce moment, vous ne désirez pas vraiment retourner de sitôt à cet âge, en tout cas pas avant d’avoir fourragé le plus d’intimités féminines que vous le puissiez.

Hélas, la vie est une amante difficile, et votre configuration familiale ou amicale peut vous entraîner, un jour prochain, à devoir rendre service à votre cousine, votre tante, votre frère – ou mieux encore, une gredine avec laquelle vous espérez conclure. Ce service peut vous entraîner devoir, les mots me manquent tellement c’est bas, garder des enfants.

 

Entendons-nous bien : si jamais un jour prochain une obligation pareille devait vous échoire, sachez être ferme : acceptez la garde d’enfants, mais jamais d’adolescents. L’adolescent, pas si loin de votre âge, est déjà veule, fourbe, rapporteur et donc dangereux. Souvenez-vous de votre attitude à son âge : déjà vous extorquiez de l’argent à qui mieux mieux, vous sniffiez de la colle dans un sac Félix Potin, et vous saoûliez votre tante afin qu’elle vous montre ses fesses.

Non, je vous le dit tout net : éloignez-vous en comme de la peste. Les jeunes enfants sont malléables, corvéables à merci, et donc une cible privilégiée.

Quelques petites choses pour vous aider à vous en sortir :

 

1/ La première fois, faites vous désirer. A l’adulte qui vous demande ce service, ne dites pas oui tout de suite. Qu’il disperse votre légende auprès de ses marmots, que ceux-ci vous attendent haletants, complètement dépendants de la gloire et l’attrait dont votre connaissance vous aura paré auparavant : ils tomberont tout cuits dans votre main. Le parent est si angoissé qu’il aura forcément expliqué longuement à sa progéniture qu’une nouvelle personne vient le garder : à vous d’en tirer parti pour arriver en terrain conquis.

 

2/ Votre principal ennemi sera le temps : on peut avoir du mal à y croire, mais en compagnie d’enfants survoltés, le temps passe lentement. Très lentement. Très très lentement. Préparez vos armes plus soigneusement que votre trousse à triche la veille du certificat d’études. Vous savez un peu jongler ? Faire deux tours de cartes ? Faire de l’origami en serviettes ? N’hésitez pas à passer en revue tout et n’importe quoi, pourvu que ça brille et que ça puisse durer 20 minutes.

 

3/ Prévoyez des habits solides, prompts à affronter n’importe quel gros grain sur un chalutier au Cap Horn. L’enfant se salit, postillonne, transporte toute matière grasse et collante d’un endroit improbable à un autre par l’entremise de ses mimines. Vous allez passer quelques heures dans une zone de guerre, emportez au moins un slip propre.

 

4/ Une fois arrivé, identifiez directement les leaders et les suiveurs. Séparez les rapidement, ne serait ce qu’à table lors du goûter, et à l’aide de quelques phrases bien senties, aggravez les rapports de force en faveur du plus fort : se sentant flatté d’avoir votre attention, il fera vos quatre volontés, et vous pourrez par lui contrôler tout le groupe. Vous gagnerez ainsi de précieuses secondes pour répondre aux sms de vos amis qui se demandent pourquoi vous n’êtes pas encore arrivé au Baron.

 

5/ N’essayez surtout pas de les occuper en leur demandant ce qu’ils ont fait à l’école aujourd’hui ou s’ils ont des devoirs à faire : c’est du ressort de leurs parents, il savent pertinemment, et ne vous pardonnerons pas cet écart. Vous passerez pour un vieux barbon, et perdrez des points.

Faites comme si demain n’existait pas et que vous étiez le type le plus sympathique de la planète. L’important n’étant pas que ce soit vrai, mais qu’ils vous croient suffisamment pour vous indiquer sans problème l’emplacement de l’armoire à liqueurs.

 

6/ Si vous ne vous sentez pas vraiment à la hauteur de la tâche, vous pouvez prévoir quelques somnifères réduits en poudre dans votre chevalière creuse. N’en usez que par petites quantités, il serait très dommageable que vous rendiez des enfants qui ne fonctionnent plus très bien à la fin de votre gardiennage. Mais quelques grains dans un verre de lait ne pourront pas faire de mal, et une petite sieste à cet âge est toujours réparatrice.

 

7/ Si vous gardez les chiards d’une jeune mère que vous souhaitez entreprendre, profitez en pour en apprendre le maximum sur sa vie amoureuse passée ou présente. Les enfants ne s’en rendront pas compte une fois que vous serez devenu leur super copain, et cela pourrait vous servir plus tard, outre l’aura paternel incroyable que vous aurez obtenue.

 

8/ Gardez à l’esprit que ces jeunes âmes sont sensées être la future élite de la nation : n’hésitez pas à saupoudrer votre discours de morales bien senties sur le bien-parler et le bien-paraître. Evitez les opinions politiques, vous pourriez avoir des ennuis avec les parents (n’oublions pas que les jeunes enfants sont de vraies petites pies).

 

9/ Une fois que les géniteurs seront rentrés et que vous devrez prendre congé, même si vous ne rêvez que de les jeter dans un trou plein de chaux vive, n’hésitez pas à verser une petite larme en présence des parents. Ils en seront fort attendris, et ainsi aurons bien plus de mal à croire ce que leurs chères têtes blondes pourraient leur apprendre sur votre compte. Il serait dommage que vous perdiez votre bonne réputation à cause de petites vipères de 6 ans.
Bien entendu, je pars ici du principe que vous soyez confrontés aux pires pestes que vos connaissances puissent engendrer. Il arrive parfois que l’on tombe sur des enfants charmants, intelligents et modestes – comme j’ai pu moi-même en engendrer, par exemple – qui soient un vrai plaisir à garder et d’une compagnie agréable pour regarder la rétrospective Tarkovski sur Arte. Quoiqu’il en soit, jeunes soudards, faites honneur à mes leçons !

Dr Howdy – Savoir boire & savoir se tenir

“Attends que je sois sobre et tu vas voir ta gueule !”

Mes jeunes camarades, je sais combien la jeunesse qui est la vôtre aime à se retrouver le soir dans des cabarets mal famés afin de deviser entre amis, de parler de vos vies sentimentales, de votre passé militaire. C’est tout à fait naturel, les jeunes gens ont souvent besoin de confronter leurs expériences nouvelles à l’aune de celles de leurs camarades (“un concours de bite” comme vous dites). Je sais aussi, car il m’est arrivé la même chose lorsque j’étais jeune encor – même si j’avais plus de poils au pubis que vous – que lors de ces viriles réunions, vous buvez de l’alcool. Ne niez pas, j’étais là au Drugstore vendredi dernier.

 

Autant le gentilhomme moderne se doit de montrer qu’il sait boire, autant il ne doit absolument pas être vu en position de faiblesse, rendant tripes et boyaux dans le caniveau sordide de sa déchéance parisienne. Mais ne vous inquiétez pas mes bons ! Le docteur est là pour vous infuser sa science de l’alcoolisme mondain. Je ferais de vous des vikings, mes petits.

 

1/ Manger, c’est tricher. Eh oui, hélas, il y a une règle de base pour se faire bien voir : il faut ingurgiter le maximum de boissons alcoolisées, sans pour autant montrer que l’on se sustente en même temps. Plusieurs solutions à cela : manger avant de sortir, simple et efficace mais on n’en a pas toujours l’occasion. Cacher de la nourriture dans ses manches ou ses poches de veston, que l’on absorbera dans les toilettes. Attention à l’odeur quand même.

Ou alors, ne pas manger du tout et espérer que ça passe.

 

2/ Lorsque vous entrez dans le débit de boisson, faites vous plaisir en douceur : commencez par commander votre boisson préférée, mais pas en trop grande quantité d’un coup. Il faut amorcer l’épreuve sans violence, vous apprivoiserez ainsi mieux votre organisme à l’ouragan de violence qui s’apprête à déferler sur lui.

 

3/ Portez du noir, ou à défaut, du sombre. Les taches de boisson sont l’ennemi numéro un du noceur. Des vêtements pouvant occulter lesdites taches sont donc de rigueur.

 

4/ Prêtez attention aux mimiques de vos compagnons lorsque vous parlez, elles sont le meilleur indicateur de votre perte de contrôle. S’ils font la grimace, vous parlez sans doute trop fort. S’ils vous regardent ironiquement, il va falloir commencer à vous poser des questions. Dans le doute, moquez-vous d’eux en premier.

 

5/ N’hésitez pas à boire de l’eau en cachette, aux toilettes par exemple. Même si l’hygiène des lieux d’aisance n’est pas en général appel à coller votre bouche au robinet, dites vous bien que si ce n’est pas la dysenterie, ce sera le cancer du foie qui vous tuera. On ne vit qu’une fois, corne de bouc !

 

6/ Attention à vos tentatives de séduction ! Si jamais vous vous sentez en verve d’accoster une jeune femme que vous auriez repérée dans la foule de l’estaminet, assurez-vous qu’elle boive de l’alcool, en premier lieu. Hélas, certaines harpies ne consomment que du lait de jument, fuyez-les comme la peste, elles vous épouseront dans la semaine et vous tueront dans le mois. De plus, si votre proie s’avère consommer une de ces boissons de faibles comme le mojito ou le cosmopolitain, elle n’en sera que plus facile à séduire. Femme qui rit, à moitié dans ton lit; femme qui picole, à moitié tu la caracoles.

 

7/ Si jamais d’ordinaire, un faquin vous aurait provoqué sous le prétexte fallacieux que vous ayez touché le derrière de sa bonne amie, ou que vous ayez renversé son verre sur sa chemise, tentez de fuir le combat. Se battre saoul, à moins qu’on fasse partie du dernier carré de grognards à Austerlitz, est la dernière chose stupide à ne pas faire. Toutefois, si vous ne pouvez pas y échapper, tentez de vous faire vomir sur l’adversaire. Ce sera bref et précis : l’échauffourée sera terminée aussitôt, et même si ça manque de classe, au moins vous aurez gagné.

 

8/ N’oubliez pas, lorsque vous partez : préférez un taxi à tout autre mode de locomotion. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, une fois vos chopes consommées, le danger n’est plus dans le débit de boissons, mais entre celui-ci et votre domicile. La route est longue, titubante, et autant les forbans dans le métropolitain que la maréchaussée dans l’autobus sont plus dangereux qu’un chauffeur de taxi du Commonwealth.

 

 

On m’a souvent demandé ce qu’un gentilhomme de bon goût se devait d’absorber comme type d’alcool. Eh bien, de nos jours, les bons bourbons étant hors de prix, et l’absinthe n’étant que le pâle reflet de ce qu’elle fut, il n’y a plus guère de solutions de rechange : l’armoire à apéritif de votre grand-oncle.

A bon entendeur, à votre santé.

Dr Howdy – Larguer les amarres

“tu me vois, tu me vois plus. tu me vois, tu me vois plus”

Je vous connais, vous autres. A votre âge, on se laisse mener par le bout de la quéquette – et ne venez pas me dire le contraire ! J’ai trombiné vos tantes alors je sais de quoi je parle. Bref, ça n’est pas sale, évidemment, tant que vous traitez les femmes avec la distinction qui leur est dûe, vous faites bien ce que vous voulez. Et puis elles ne peuvent pas le comprendre, mais les mâles ont des besoins à satisfaire qui dépassent de beaucoup leur romantisme exacerbé, tudieu.

 

Donc, partons du principe que vous en assez de votre gisquette. L’herbe du pubis d’à côté est plus verte. Dehors les oiseaux chantent, c’est le printemps. (oui, je sais, mais faites donc un petit effort d’imagination, nom d’une pipe !) Eh bien il va vous falloir avant toute chose vous séparer de mademoiselle en limitant un maximum la casse, car vous ne voudriez pas devenir soudainement persona non grata au Silencio ! Suivez donc mes petits conseils, mes agneaux.

 

1/ Ayez toujours prévu votre tour de cochon un peu à l’avance. On ne sait jamais comment peut tourner une confrontation avec une femelle hystérique à l’idée de redevenir célibataire, ainsi évitez d’avoir à revenir chercher vos affaires. N’habitez pas chez elle, c’est encore plus simple – au pis, ayez toujours un petit sac de voyage en cuir de buffle.

 

2/ Ce serait dommage de ne pas essayer même si ça paraît difficile à croire : tentez de faire le mort. On ne sait jamais, peut-être la demoiselle est-elle réellement stupide, après tout, elle peut y croire. Faites livrer de faux cartons de condoléances à son domicile quelques jours après avoir changé de numéro de téléphone. Teignez-vous les cheveux. Changer de ville peut aussi être efficace, car quand bien même elle serait idiote, il y a des limites à tout.

 

3/ Mettez-lui dans les pattes votre petit cousin. Attention, il a toutefois intérêt à être bien de sa personne, presque mieux que vous… Délicate manoeuvre, car vous pourriez bien en faire les frais vous-même si votre petit cousin décide de réitérer l’exploit avec vos futures petites amies… Ce serait sport, après tout. Trouvez un moyen de pression de prime abord pour vous assurer sa fidélité, et n’hésitez pas à lui donner des cours précis sur votre future ex afin de maximiser ses chances.

 

4/ Utilisez vos talents de persuasion, mais pas comme la plupart des petits bras qui jouent à l’auto-culpabilisation feinte (“c’est pas toi, c’est moi, je suis désolé”). Jouez à fond dans la culpabilisation. Faites lui comprendre de façon tellement implacable que c’est de sa faute qu’elle ne s’en relèvera pas. Au fin fond d’un cabinet de psychiatre, elle ne risque pas de vous empêcher de battre le pavé parisien en quête de chair fraîche. Après tout, c’est peut être VRAIMENT de sa faute.

 

5/ Transformer votre bromance en fausse romance. Soyez désolé, mais vous vous êtes rendu compte, hélas, que vous en pinciez réellement pour votre meilleur pote. Mimez le dégoût devant ses formes féminines. Avec un peu de chance, elle sera attendrie par votre nouvelle orientation sexuelle et sera réellement peinée de vous laisser partir (vous pourrez peut-être garder le chien, du coup). Méfiez-vous cependant : elle pourrait ensuite décider de faire de vous sa nouvelle meilleure copine. Et méfiez-vous aussi de votre meilleur pote, des fois que ça lui plaise un peu trop comme scénario…

 

6/ Laissez le mâle prendre les commandes. Ne vous lavez plus que le dimanche, et encore, uniquement les cheveux pour faire plaisir à votre mère. Laissez traîner vos chaussettes sales. Rotez et pétez à table. Ne vous nourrissez que de fromage et de charcuterie – et de bière, bien entendu. Ne réfléchissez jamais avant de dire quelque chose de sexiste qui vous passe par la tête. Sans trop vous forcer, l’accumulation devrait avoir raison de sa patience. Quand elle explosera, expliquez-lui que c’est votre nouveau moi, que vous avez décidé d’arrêter de vous mentir – d’ailleurs, votre analyste s’en félicite et ça va vous valoir une promotion. Il y a de fortes chances que ça l’exaspère, elle vous laissera tomber comme le cuistre que vous êtes.

 

Bien entendu, un véritable gentleman ferait cela dans les règles, en étant sincère et en expliquant ses raisons, tout en s’excusant de faire souffrir la personne. Mais il faut bien avouer que ça prend du temps ces billevesées, nom d’un castor.

Dr Howdy – Aller aux putes

“Tape dans le fond j’suis pas ta mère”

 

Les garçons, je ne doute pas un instant de vos capacités de séduction – surtout avec les conseils d’un vieux briscard comme moi – mais parfois, surtout lorsque les frimas de l’hiver se font sentir, on se sent seul. La femelle stocke des graisses pour survivre au froid, les terrasses de troquets sont mortes, et l’on a besoin de chaleur humaine. De réconfort soigné et efficace, et pas de prise de chou.

 

Bref, on veut aller aux putes.

 

Mais méfions-nous, la catin peut paraître corvéable, elle n’en est pas moins appartenante à un corps de métier respectable pour ses traditions séculaires, traitons la donc en gentilhomme. Voici comment :

 

1/ Avant de sortir de votre chambrée, faites vous beau. Il convient de charmer le coeur de la professionnelle, tout du moins de l’attendrir. Peut-être ainsi vous fera-t’elle un prix.

 

2/ Choisissez bien votre horaire. Y allez sur votre pause déjeuner pourra avoir un effet indésirable par rapport à vos collègues de bureau et votre hiérarchie qui ne pourront manquer de noter un changement curieux de votre attitude à votre retour. Idem, évitez le dimanche lorsque vous pouvez risquer de croiser votre grand-mère qui sort de la messe.

 

3/ Avant d’entrer, mouchez votre nez puis dites bonjour à la dame. Essuyez-vous les pieds sur le paillasson. Ce sont là politesses élémentaires, mais je vous connais vous autres jeunes butors, vous regardez Loft Story et vous croyez que c’est comme ça la vie réelle.

 

4/ Devisez avec la prostituée comme avec votre docteur ou la boulangère. Evitez les grossièretés telles que lui demander combien de kilomètres elle a usés aujourd’hui en clignant exagérément de l’oeil. Gardez à l’esprit que cette personne va avoir la main sur vos parties viriles dans peu de temps, évitez donc de la fâcher.

 

5/ Malgré le respect qui est dû à une honnête ouvrière, certaines gourgandines sont parfois de fieffées délinquantes. Restez donc sur vos gardes, empilez vos affaires en tas près du lit. On n’est jamais trop prudent, et si vous deviez vous carapater en vitesse, mieux vaut que ce soit en emportant vos habits.

 

6/ Lorsque vous aurez commencé à entreprendre la coquine, ne partez pas du principe que parce que c’est son métier, elle est moins délicate que les bizuths de Sciences Po. Une femme est une fleur, quel que soit son ouvrage, et une prostituée ne mérite pas plus que votre cousine d’entendre des insanités pendant l’acte d’amour.

7/ Quand bien même vous seriez tenté de vous laisser entraîner à proférer des propos grivois pour l’impressionner, dites vous bien que depuis le temps qu’elle tourne, elle en connaît forcément plus que vous : vous pourriez bien avoir à rougir plus qu’elle de ce que vous entendrez.

 

8/ En partant, déposez le prix de votre plaisir avec délicatesse et discrétion. Pas trop discrètement tout de même, ça vous évitera de finir dans le local à poubelles avec le poing d’un grand roumain imprimé sur la joue. Vous êtes tout à fait libre de laisser un petit pourboire, ce sont des choses qui se font lorsqu’on a été satisfait du service.

 

9/ Une fois votre libido rassasiée, évitez de faire preuve de forfanterie en racontant tout sur votre blog ou en écrivant un article sur un site masculin.

Votre femme pourrait mal le prendre.

 

Hardi, coeurs vaillants ! Qui sait, après tout peut être que sans jamais le savoir, vous participerez à l’effort de guerre en repeuplant la France !