Dr Howdy – Toujours bien saler la queue de l’oiseau

« #lol »

Holà jeunes galopins, le bonjour. J’ose espérer que vous aurez profité de la chaleur du week-end dernier pour aller rendre visite à votre vieille mère-grand que cette moiteur risque de faire passer de vie à trépas. Un gentilhomme doit toujours s’assurer l’affection de ses aînés, ne serait-ce que pour finir de payer les traites du Touquet.

Je désirerai aujourd’hui vous mettre en garde contre les dérives de l’internet mondial, et plus encore des dangers inhérents à ce que vous autres jeunes gens appelez les réseaux sociaux. De mon temps, un gentilhomme correspondait abondamment de façon épistolaire, et l’on crevait d’une tendinite, mais baste ! On avait au moins la fierté de laisser derrière soit une prose conséquente dans laquelle on n’avait pas à rougir de ce que l’on avait pu écrire la veille au soir, complètement ravagé au mojito.

J’ai cru comprendre que nombre d’entre vous avaient quelque mal à saisir ce à quoi pouvait donc bien servir cet outil appelé Twitter, où l’on laisse une grosse centaine de caractères à la fois comme l’on irait se délester de quelque colombin dans la cabane au fond du jardin.

Eh bien figurez-vous que je me suis armé de mon Falcon 030 et que j’ai affronté cette hydre moderne afin de vous livrer mes conseils avisés.

  1. Tout d’abord, rassurez-vous, Twitter ne sert absolument à rien. Vous pouvez donc dès à présent lâcher votre ordinateur pour retourner à votre lecture de la comtesse de Ségur.
  2. Ceci étant, si vous souhaitez persister dans l’utilisation de cette étrange chose, partez du principe qu’il va vous falloir dépasser votre potentiel intérieur afin de vous faire remarquer : vous ne parlez qu’à pas moins de 105 millions de pauvres âmes esseulées.
  3. Affûtez votre épée, briquez vos boucles de chaussures : le challenge s’avère herculéen. Mais rien n’est impossible à un gentilhomme conscient de ses forces !
  4. Pour vous la donner veugra comme l’on dit aux Tarterets, faites dans l’originalité : parlez uniquements en alexandrins, reproduisez du Courbet en Radix-50, ne vous exprimez qu’en partitions de clavecin.
  5. J’ai cru constater que le vendredi était un jour particulier pour les usagers réguliers de Twitter. Il semblerait qu’à cette occasion il soit de bon ton de célébrer les personnes qui suivent votre profil afin de les remercier de faire de la sorte. Voilà qui est complètement ridicule : c’est vous que ces personnes devraient remercier. Préférez donc un #ff à vous-même, ou à tout prendre à votre arrière-grand-oncle qui était maréchal d’empire : lui au moins le mérite.
  6. Il m’appert que ce nouveau media est l’endroit rêvé pour ce à quoi tout bon gentilhomme devrait s’exercer au moins une fois par trimestre : le duel. Je vous vois plisser l’oeil d’incompréhension, mais je vous assure, rien de tel pour fouetter le sang et faire montre de vos talents nobles. Ainsi, un endroit où l’on peut en une phrase bien sentie ruiner la réputation d’un fat devant quelques milliers de personnes se prête tout à fait à ce type d’exercice.
  7. Bien entendu, je ne vous demande pas encore de donner rendez-vous à un butor sur la colline du parc dès l’aube, armés de vos pistolets et de vos rapières. Non, dans ce cas de figure, utilisez les armes qui sont les vôtres : la langue de Voltaire et une mauvaise foi insubmersible.
  8. Je vous conseille donc de convenir avec votre adversaire d’un duel à base d’un mot-clé choisi au hasard, dont vous devrez faire étalage pendant 24h l’un comme l’autre. Cela peut être par exemple : #choucroute, #macramé, #propédeutique ou encore #zahia. A la fin du temps imparti, celui qui aura récolté le plus de nouveaux followers sera déclaré vainqueur, et le perdant se devra de supprimer son compte comme l’on brûle son vaisseau.

Ceci étant dit, je déconseille l’utilisation de cet outil à ceux d’entre vous qui n’ont pas des nerfs d’acier et un caractère bien trempé. En effet, l’utilité de Twitter étant toute relative, mieux vaut ne point y mettre les pieds si vous n’avez pas perpétuellement à l’esprit quelques saillies bien senties à faire subir à des spectateurs blasés. Certains d’entre vous seront bien plus utiles à l’ombre d’une bibliothèque silencieuse que sur cet infâme champ de bataille numérique, où seuls des coeurs vaillants pourront se dépêtrer de l’impitoyable farce que leur servent leurs contemporains.

Courage, moussaillons ! La vie est peut être un chemin boueux, mais je suis là pour vous apprendre à lacer vos godillots !

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